Monopole public sur nos services et infrastructures publics. Pour des services publics, universels, forts et 100%…publics!

Monopole public sur nos services et infrastructures publics. Pour des services publics, universels, forts et 100%…publics!


Clarté
Octobre 2026


Les services publics jouent le rôle d’un salaire socialisé: l’accès aux soins de santé, à l’éducation gratuite et au transport collectif n’est pas seulement essentiel pour garantir nos droits fondamentaux, c’est aussi une dépense de moins dans la poche des travailleurs et travailleuses, assumée collectivement et financée idéalement par une fiscalité progressive imposée aux grandes entreprises et aux plus riches.

De ce fait, le financement des services publics ne représente pas une dépense, mais un investissement collectif et une hausse réelle du niveau de vie. Chaque service offert publiquement et universellement représente une facture de moins pour chaque ménage. Ainsi, des services publics forts constituent une véritable hausse de salaire indirecte pour l’ensemble de la population.


À l’inverse, la privatisation coûte plus cher. Lorsqu’un service est public, chaque dollar investi sert directement à offrir le service. Lorsqu’il est privatisé, une partie de cet argent sert inévitablement au profit, à la rémunération des actionnaires, aux frais de gestion et à la sous-traitance. La population paye ainsi deux fois: une fois pour le service, une fois pour le profit. C’est précisément pour cette raison que le patronat et les grands monopoles privés cherchent constamment à sous-financer les services publics, à les fragiliser, puis à les privatiser.

La renégociation de l’ACÉUM risque d’accentuer encore plus les pressions en faveur de la marchandisation de nos services publics, notamment en santé, où les entreprises de la médecine privée cherchent déjà à s’emparer d’une part croissante des ressources publiques. Plus que jamais, il faut se battre ensemble pour stopper cette prédation.


L’histoire nous démontre que le privé est toujours plus coûteux que le public tout en offrant de moins bons salaires, de pires conditions de travail et, ultimement, des services de moindre qualité. Il en va de même des partenariats public-privé (PPP) qui démontrent constamment le caractère parasitaire du privé sur nos services publics, comme l’ont illustré plusieurs “fiascos” récents, comme la saga SAAQclic.

En santé, le Québec traverse une crise profonde. La province compte environ 2,4 médecins par 1000 habitants, taux inférieur à la moyenne de l’OCDE. Le nombre de lits hospitaliers disponibles à également diminué au cours de la dernière décennie (1,84/1000 habitants en 2023 contre 2,13 en 2013). Pendant ce temps, le recours aux agences privées de placement a coûté près de 3 milliards de dollars entre 2016 et 2023, tandis que le coût global du privé en santé à été estimé par la CSN à plus de 6 milliards de dollars en 2023-2024.

En éducation, le Québec continue de maintenir un système à trois vitesses qui fragilise l’école publique. Le privé a reçu une augmentation de financement de 4% en 2025 contre 1% pour le public. Les subventions au réseau privé se chiffrent à près de 800 millions de dollars en 2023, alors que les établissements publics font face à des gels d’embauche et des compressions majeures, tant au collégial qu’à l’université. Cette logique détourne les ressources du bien commun au profit d’un système inégalitaire.

Au niveau du logement, l’état du parc de logements sociaux et de HLM est alarmant. Des dizaines de milliers de ménages attendent pendant des années l’accès à un logement abordable. La liste d’attente est en moyenne de 6 ans pour obtenir un logement, avec une liste d’environ 25000 ménages en attente. Une part importante du parc est aussi en mauvais état, une augmentation de 34% depuis 2019. Cette situation est le résultat direct du manque d’investissement public et de la domination du marché privé dans le secteur essentiel du logement.

Finalement, les infrastructures publiques de la province sont dans un état de délabrement inacceptable. Le déficit d’entretien accumulé dans les écoles, les hôpitaux, les routes, les barrages et les systèmes de traitement d’eau se chiffre à des dizaines de milliards de dollars. Plus de la moitié des stations de métro de Montréal sont dans un mauvais ou très mauvais état avec un déficit d’entretien de 7 milliards. Selon l’Ordre des ingénieurs du Québec, le déficit pour le maintien des actifs du Québec s’élève à au moins 40 milliards. Ce n’est pas un échec du secteur public, mais le résultat de choix politiques clairs: sous-financer le collectif tout en multipliant les cadeaux fiscaux, les subventions et les contrats lucratifs accordés aux monopoles privés.

Cet état des lieux découle donc de décisions politiques et stratégiques bien précises: combien d’argent public est gaspillé en subventions aux monopoles privés, en sous-traitance et en privatisation, notamment en santé, au détriment du réseau public?

Cette déliquescence des services publics fait en sorte que la classe dirigeante appelle les organismes communautaires à tenir à bout de bras des missions qui devraient être assumées par le public. Elle remplace le salaire socialisé par l’industrie de la charité. Il s’agit d’un véritable cheval de Troie pour poursuivre la logique de privatisation. Nous soutenons les employés et salariés du secteur communautaire, mais nous estimons que leurs revendications seraient mieux servies si on les intégrait au sein du service public, particulièrement aux CLSC qui répondent, dans leur mission d’origine, au concept de médecine socialisée. Bien sûr, le communautaire et l’associatif ont leur raison d’être. Il reste que celle-ci doit être en complémentarité avec le service public, pas en supplétif.

C’est pourquoi, nous réclamons et lutterons pour:
-un véritable monopole public sur les services publics, sans concurrence du privé

– le salariat des médecins
– la nationalisation et déconfessionnalisation complète de l’école privée subventionnée
-un réinvestissement massif en santé et en éducation
-un plan d’urgence pour le logement social
-un réinvestissement massif dans le secteur public et les infrastructures publiques, incluant le transport collectif

– non au financement à la mission qui place en compétition les organismes communautaires entre eux

– réinvestir et étendre la mission des CLSC de sorte que le communautaire ne soit plus un supplétif de nos services publics en déliquescence.

Les services publics doivent répondre aux besoins de la population, et non aux profits d’une minorité!