Derrière les profits de Métro: « scabs », inflation et mépris contre les travailleurs
Derrière les profits de Métro: « scabs », inflation et mépris contre les travailleurs
Maxime Bérubé
Clarté – Juillet 2026

C’est un combat de longue haleine que mènent les syndiqués des épiceries Métro du Richelieu. Sans convention collective depuis le 19 septembre 2025, les ouvriers du STTEUMR (CSN) luttent pour une augmentation de leur salaire, qui traîne largement depuis l’explosion des prix à la suite de la crise de COVID-19. Ils désirent aussi l’assurance que les travailleurs de bureau auront un emploi à long terme. « On estime que nous avons perdu un pouvoir d’achat de 12 % par rapport à la dernière convention collective de 2020-2021 », nous indique le président du syndicat, Matthieu Fontaine.
Mais les négociations sont difficiles. En plus de proposer des ententes qui ne satisfont pas les demandes du cahier voté à l’unanimité, une enquête a révélé que Métro recourt à des « scabs » à l’entrepôt Mérite 1 de Rivière-des-Prairies, et une autre est en cours pour les bureaux administratifs de la compagnie. Par ailleurs, la dernière entente proposée par les grands patrons a été rejetée par 95 % des membres, qui sont très actifs dans le conflit : « La majorité des travailleurs participent aux actions, qu’il s’agisse de maintenir le piquetage ou des activités qu’on fait au quotidien comme des petites manifestations en magasin. On est un syndicat de 550 travailleurs et plus de 450 d’entre eux participent à tout », poursuit M. Fontaine.
Quant à la population, il est confiant d’avoir son appui. Le coût de l’épicerie, qui frappe aussi la clientèle, et les profits records de la compagnie démontrent qu’elle peut largement satisfaire les demandes des ouvriers. Il pointe aussi les problèmes d’approvisionnement, le manque d’options et la mauvaise qualité des produits dans les magasins régionaux.
Pour rappel, le groupe Métro a engrangé 246,6 millions de dollars en profits nets lors du trimestre conclu le 14 mars dernier, soit une augmentation de 12 % par rapport à 2025. En chiffres absolus, cette hausse s’élève à 27 millions de dollars, et ce, en seulement douze semaines. Pourtant, elle ne correspond en rien à une hausse de la consommation. Au contraire, les clients achètent moins, mais paient plus cher. C’est là la preuve du parasitisme éhonté de ce monopole de la grande distribution, qui n’a d’autre objectif que d’accumuler les profits tant sur le dos de ses employés que sur celui de ses clients.