Cuba : plus que jamais, il est temps d’être en alerte

Cuba : plus que jamais, il est temps d’être en alerte


Adrien Welsh
Clarté – Décembre 2025


Le vote à l’ONU est catastrophique : 165 votes en faveur de la levée du blocus, 7 contre et 12 abstentions. Jamais on a vu autant de pays refuser la levée du blocus et s’abstenir depuis que ce vote est organisé. On voit clairement que Trump et les États-Unis se sont organisés et ont fait une campagne agressive pour tenter d’isoler Cuba. Des pays qui, jusque là ont toujours voté oui se sont soit abstenu ou ont voté non (la Macédoine du Nord, le Paraguay, les pays baltes, la République tchèque, etc.) Le Makhzen chérifien s’abstient pour faire payer Cuba son appui à la lutte de libération nationale du Sahara occidental, dernière colonie d’Afrique. Pour son appui à la lutte palestinienne, Israël génocidaire maintient sa position historique. L’Ukraine en guerre vote contre de peur d’effrayer son souteneur principal, Donald Trump. Plus qu’un vote pour la levée du blocus, il s’agit d’un référendum d’appui aux États-Unis et à leur politique étrangère en général. 

Néanmoins, on doit reconnaitre que cette campagne a fait chou blanc puisqu’elle n’a pas réussi à briser le consensus international, fort de 165 pays qui exigent la levée du blocus criminel imposé au peuple cubain par l’impérialisme états-unien. Soulignons que depuis son imposition en 1962, les préjudices qu’il cause au peuple Cubain s’élèvent à plus de 164 milliards de dollars. En 2024 seulement, ils se somment à plus de 5 milliards de dollars, soit 575 683 dollars l’heure. Au cours de la dernière année, n’eut été du blocus, le PIB de Cuba aurait crû de 9,2% en 2024. Tel est le tribut que les Yankees font payer à tout un peuple pour exercer son droit à la souveraineté. On ne connait que peu d’exemples historiques équivalents, si ce n’est la dette haïtienne de 150 millions de francs or imposée aux esclaves libérés. Dans les deux cas, il s’agit non seulement de sanctionner un peuple pour son exercice de la souveraineté, mais de dissuader les autres d’en faire de même. 

Heureusement, le gouvernement Carney, qui a pour habitude de ramper devant Donald Trump, ne s’est pas défilé pour une fois et a refusé de rompre 80 ans de relations diplomatiques ininterrompues avec la République de Cuba en votant en faveur de la levée du Blocus. Ceci étant, il est temps d’être en alerte. Il ne fait aucun doute que les réactionnaires fascisants qui espèrent que Cuba redevienne un repère de mafieux, un bordel à ciel ouvert et un casino géant continueront de s’organiser. N’oublions pas que l’an dernier, ils ont déposé une pétition (parrainée par le Parti conservateur) exigeant que le Canada s’oppose à la levée du blocus, une première. Nous devons donc redoubler d’efforts pour nous assurer d’une solidarité accrue avec Cuba et ce, à tous les niveaux. Au parlement d’Ottawa, à Québec, dans nos municipalités, dans nos syndicats et associations nous devons multiplier les motions récusant le blocus criminel et visant à porter assistance au peuple cubain dans sa lutte pour la défense de sa souveraineté. 

Honorons et faisons vivre les liens profonds de solidarité qui unissent le peuple québécois au peuple cubain et rappelons-nous que lors de sa visite à Montréal dès avril 1959, Fidel Castro est accueilli en liesse. De même, dans les années à suivre, il n’est pas une manifestation progressiste sans drapeaux cubains, preuve de l’inspiration historique de la Révolution cubaine dans les luttes démocratiques, sociales et politiques du Québec.