L’esbroufe de Trump
L’esbroufe de Trump
Adrien Welsh
Clarté – Mars 2025

Trump n’est pas un capitaliste si différent des autres. C’est un mercenaire du grand capital qui agit pour ses propres intérêts. Sa gabegie inclut le racket douanier et le chantage militaire pour faire main basse sur le pétrole vénézuélien et autres ressources. Son style provocateur ulcère ces acteurs politiques et économiques qui préfèreraient confiner ces tractations aux salons feutrés des chancelleries.
Aucun d’entre eux n’ose cependant nommer précisément les agissements de Trump : de l’esbroufe.
Sa gouvernance ne tient qu’à deux fils : instiller une guerre civile entre les masses laborieuses et les leurrer à travers une politique étrangère agressive sous prétexte qu’il faudrait redorer l’écu (pourtant construit de sang) de l’impérialisme états-unien. Or, au cours des derniers mois, ni l’envoi d’ICE au Minnesota, ni la capture du Président en fonction Nicolas Maduro du Venezuela, ni les menaces d’annexion du Canada ou du Groenland, pas plus que la rétrocession des ports d’entrée du Canal de Panama n’ont contribué à ce que la classe ouvrière états-unienne, les afro-américains, les femmes, la jeunesse et autres masses populaires du pays ne vivent dans de meilleures conditions.
Pis encore, selon le Congrès, les tarifs douaniers représentent un écueil économique pour les États-Unis, particulièrement pour les petites et moyennes entreprises – évidemment, les monopoles savent toujours faire fructifier les crises. On estime la lésion à 1400 milliards de dollars sur dix ans si Trump impose ses amendes mondiales de 10 à 15% et ce, sans compter les 170 milliards de dollars qui devraient être remboursés pour répondre aux injonctions légales contre le racket déjà acté.
MAGA pour qui?
On comprend que la vision du locataire de la Maison blanche implique le pillage des ressources de l’ensemble du continent américain. C’est ce que lui-même, par excès de mégalomanie, appelle la « doctrine Donroe » dans un objectif plus global de domination. On comprend également que l’érosion des droits démocratiques fait partie de son plan. Le monde, semble-t-il, est dû aux États-Unis que lui, homme providentiel, pastiche de Napoléon, saurait renouveler.
Pourtant, les données sont claires. Les salaires et conditions de vie stagnent au mieux, voire périclitent pendant que les profits, eux, fusent. Depuis 2019, les salaires ont augmenté de 3% alors que les profits, eux, ont crû de 43%…
La guerre comme unique issue
Ces simples données devraient, à elles seules, rappeler la vacuité de la « doctrine Donroe », véritable esbroufe dont le seul objectif est d’engager réellement le « monde occidental » non pas dans une guerre civilisationnelle mais dans une véritable guerre mondiale pour défendre les intérêts des monopoles et de leur exploitation dont le sang coulé pour abreuver les rotatives imprimant des billets verts.
C’est dans ce contexte global qu’il faut comprendre Carney et son harangue de Davos : il se fait légionnaire d’un Caligula contemporain. Il cherche à nous intégrer dans une guerre mondiale.
Pourtant, ici comme aux États-Unis – car Trump a le mérite d’avoir révélé l’impérialisme et sa nature au grand jour – les forces vives existent pour se mobiliser et agir contre l’esbroufe de Trump, contre ses faux opposants et pour la paix comme vecteur d’une lutte vers un avenir meilleur pour tous.
Tarifs: Trump fait chou blanc
Après un an au pouvoir et l’instigation de la guerre commerciale comme politique économique officielle, tels sont les gains pour les travailleurs et les masses laborieuses des États-Unis :
- 80 000 emplois dans l’industrie;
- 584 000 emplois créés (contre plus de 2 millions lors de chacune des deux années précédentes);
- 1,2 trillions de dollars en déficit commercial en termes de marchandises et 901,5 milliards pour ce qui est des biens et services (le déficit n’a reculé que de 0,2%)