Célébrons le cinquantenaire du Jour de la terre, vive la lutte de libération nationale palestinienne!

Célébrons le cinquantenaire du Jour de la terre, vive la lutte de libération nationale palestinienne!


Adrien Welsh
Clarté – Mars 2025


À l’occasion du cinquantenaire du Jour de la terre, rappelons-nous les origines de cette journée de célébration de la lutte palestinienne. Il y a 50 ans, le 30 mars 1976, Israël dépossède environ 20 km² de terres palestiniennes dans le but de « judéiser » la Galilée. En récrimination, les Palestiniens s’organisent. Arabes israéliens, habitants de Cisjordanie, réfugiés des camps se soulèvent. Six manifestants sont assassinés sauvagement.

Loin du mythe véhiculé par les ONG, islamistes et autres nabots selon lequel il s’agit d’un soulèvement spontané, nous savons le rôle qu’ont joué les syndicats, les associations étudiantes et, particulièrement, les communistes dans la préparation et l’organisation qui ont mené et rendu possible cet évènement cardinal dans la lutte de libération nationale de la Palestine. Nous nous reconnaissons entre autres le rôle prépondérant de Taoufik Ziyad, cadre du Parti communiste israélien, comme celui des dirigeants étudiants dont Mohammed Barké, communiste organisé au PC jordanien (à l’époque, les communistes de Cisjordanie en faisaient partie).

Si à partir de juin 1967, la question de Palestine passe objectivement d’un conflit israélo-arabe vers un affrontement israélo-palestinien, le 30 mars 1976 acte de manière subjective cette nouvelle donne. Au grand dam des prétendus alliés de la cause palestinienne (la Syrie des Assad, la Jordanie hachémite, les monarchies réactionnaires et rétrogrades du Golfe, l’Égypte de Sadate, etc.), à partir de cette date, la revendication juste visant à créer un État palestinien dans les frontières d’avant 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale garantissant le droit au retour des réfugiés fait son chemin et deviendra celle de l’OLP. Les bourgeoisies nationales arabes qui espéraient instrumentaliser la question de Palestine pour leurs propres intérêts sont pris de court devant cette nation en devenir.

L’OLP d’ailleurs devient une véritable force politique palestinienne. En avril, les autorités israéliennes forcent des élections locales en Cisjordanie. Elles espèrent une victoire des pro-hachémites pour étouffer l’ire populaire. Or, ce sont les candidats du Front national palestinien, essentiellement l’OLP, qui s’enracine et légitime son rôle de représentant du peuple palestinien.

Aujourd’hui, Gaza est sous gravats. La colonisation continue en Cisjordanie où l’on arme des extrémistes sionistes, incluant des repris de justice, des criminels à qui l’on ordonne de tuer de l’arabe. L’Iran, dernière égide devant l’implantation du plan yankee du Grand Moyen-Orient se fait pilonner dans une lutte continue pour le contrôle de la région.

Dans un tel contexte, la lutte de libération nationale palestinienne arbore une dimension particulière. Au-delà du génocide en cours à Gaza et des questions humanitaires, il s’agit de tout mettre en branle non pas pour « purifier » la lutte palestinienne. Loin de l’arrogance intellectuelle qui cherche à indigéniser l’idée du « Grand Israël » de la rivière à la mer (heureusement, il ne s’agit pas de la rivière à la rivière, tel que prescrit par la Bible), nous devons étendre l’appui à cette lutte juste et noble afin de la renforcer de sorte que le peuple de Palestine soit en mesure de gagner réellement plutôt qu’être réduit à figurer dans des livres d’histoire et ainsi nourrir un imaginaire romantique qui ne sert que les petits-bourgeois et leurs intérêts auto-destructeurs.

ONG, mouvements, discours ou manifestes ne savent répondre à l’impératif de cette lutte. Que ce soit ici ou en Palestine, la lutte contre l’impérialisme, le sionisme ou les monopoles en général est d’abord politique. Sans poser la question sur le plan politique, nous en sommes réduits à aménager l’impérialisme, à quémander; bref, à interpréter le monde. Or, il faut le changer, ce qui implique d’au moins poser la question du pouvoir politique.